Le "Point Violet", rempart contre les violences sexistes

Le sexisme est encore omniprésent dans notre société. En tant qu'étudiante, il est évident qu'on n'y échappe pas, que ce soit sur les campus mais aussi quand on sort faire la fête. 
Cependant, il existe des solutions. Avec Comac, nous voulons prendre exemple sur le modèle espagnol : un Punto Violeta, ou Point violet, point safe de prise en charge, d’information et de prévention où toutes et tous peuvent se rendre dans chaque quartier festif estudiantin.

 

Être une femme en Belgique en 2022, c'est risquer d'être droguée si on laisse son verre sans surveillance, c'est avoir peur d'aller aux toilettes sans ses copines, c'est être constamment harcelée quand on sort faire la fête ou juste se balader. Cela signifie ne pas être crue lorsque vous dénoncez la violence à l'égard des femmes, ne pas oser la dénoncer, la dénoncer mais sans conséquence.

Le modèle espagnol

On a souvent l'impression que c'est une bataille perdue d'avance, mais rien n'est plus faux. La municipalité espagnole de Rivas, dans la région de Madrid, prouve que les choses peuvent être différentes, en créant le système Punto Violeta. Le Punto Violeta est un service complet contre la violence sexiste promu par le ministère de l'égalité. Il s'agit d'un lieu sûr où chacun peut se rendre pour signaler une situation de violence sexiste dans le cadre festif. Concrètement, lors d’événements festifs, une tente colorée en violet est visiblement installée au sein même du lieu et sert de point de prévention ou d’aide en cas de situation de violences sexistes. Tant le personnel de prévention que le personnel de sécurité sont formés pour faire face à toute demande d'aide, d'information ou de soutien. L'objectif est de traiter directement les cas de comportements sexistes, mais aussi de les prévenir, de soutenir les victimes et de faire en sorte que les auteurs rendent des comptes

Le ministère de l'égalité a créé le Punto Violeta afin d'impliquer l'ensemble de la société dans la lutte contre les violences sexistes et de diffuser largement les informations nécessaires sur la manière dont les gens peuvent agir en cas de comportement sexistes.

Besoin d'investissement

Il n'existe aucune initiative de cette ampleur en Belgique. Le Plan SACHA (Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions) du côté francophone est un pas dans cette direction. Il s'agit d'une ASBL visant à sensibiliser et à aider les victimes de la vie nocturne. Malheureusement, il s'agit d'une ASBL qui souffre d'un manque de financements et ne peut se permettre d’employer qu'un seul salarié à temps plein.

C'est en fait le grand problème de la Belgique : les investissements sont insuffisants. 

Le plan de lutte contre les violences sexuelles de la secrétaire d'État Sarah Schiltz (Ecolo) est plein de bonnes intentions mais il manque de concret : certains budgets doivent être financés par d'autres cabinets, il y a peu de délais ou d'étapes à suivre pour les respecter. Et surtout : il y a trop peu de budget pour prendre réellement en main la lutte contre les violences sexuelles. En Espagne, le budget est de 209 millions d'euros pour lutter contre la violence envers les femmes pour l'année 2022. Cela représente environ 9 euros par femme. Pour la Belgique cela reviendrait à débloquer plus de 50 millions par an. La secrétaire d'État Schlitz a été interrogée à plusieurs reprises au Parlement sur le budget qui sera alloué à la lutte, mais celui-ci n'est toujours pas clair. C'est pourquoi nous descendrons dans les rues de Bruxelles le 27 novembre pour manifester contre la violence envers les femmes et exiger des investissements de la part de notre gouvernement ! On économisera pas sur notre sécurité !

Agir

La demande de Comac est simple : un Punto Violeta dans chaque ville étudiante, dans le quartier festif. Un Punto Violeta est nécessaire dans le cimetière d’Ixelles à Bruxelles, dans le Carré à Liège etc. Là, les étudiant.e.s pourraient venir frapper à la porte si quelque chose se passait, des équipes pourraient être envoyées les soirs de grande affluence pour garder un œil sur les choses.

De tels dispositifs demandent des investissements, c’est pour cela que le 27 novembre nous serons dans les rues de Bruxelles pour manifester contre les violences faites aux femmes et exiger des investissements de la part de notre gouvernement !

 

Signe notre pétition pour un Point Violet dans chaque ville étudiante

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