Investir dans la paix, pas dans des avions de chasse

Début 2015, le gouvernement MR-NVA annonce le remplacement des avions de chasse F-16 de l'armée belge, considérés comme vieillissants, par 34 avions extrêmement coûteux, les F-35 américains. Au nom de "la fiabilité belge au sein de l'OTAN" et "le maintien de la paix", l'état propose d'investir 6 milliards dans des avions à capacité  nucléaire. En période de compression budgétaire sur la sécurité sociale et les services publics et avec l'augmentation des taxes en tous genre pour les travailleurs, Comac dénonce les choix politiques du gouvernement de soutenir la paix par la guerre, la défense par l'agressivité, et propose d'autres pistes pour le droit des gens à une vie digne et sûre.
 

Faire la guerre au nom de la paix: 25 ans de politique étrangère occidentale au Moyen-Orient

Après 25 ans d'intervention occidentales au Moyen-Orient, qu'en est-il de la paix ?
Dans cette région riche en ressources industrielles et traversée par d'importantes voies de communication, les aspirations nationalistes se heurtent aux  anciens colonisateurs français et anglais et aux gendarmes du monde étasuniens.
L'Irak en a payé le prix : 2 guerres qui ramenèrent le pays à l'âge de pierre et dont la première fut suivie d'un embargo de l'OTAN, véritable punition collective qui coûta la vie à 1,8 millions d'Irakiens en 10 ans d'embargo selon le ministère irakien de la santé publique, dont plus de 700 000 enfants de moins de 5 ans. La seconde guerre pris pour prétexte des armes de destruction massive qui ne furent jamais trouvées et  au nom de la guerre contre le terrorisme, l'Irak fut disséqué, les tensions ethniques et religieuses entre Sunnites, Chiites et Kurdes ravivées pour affaiblir l'autorité régionale et permettre un meilleur contrôle américain de la situation. Comme le constate implacablement l'écrivain algérien Kamel Daoud dans le New York Times, la mère de Daech, né du chaos de cette guerre, c'est l'invasion de l'Irak[1].

Aujourd'hui encore, les USA larguent annuellement plus de 23 000 bombes sur le Moyen-Orient, sans parvenir à détruire leur ennemi annoncé. Au contraire, les extrémistes recrutent parmi ces populations bombardées et abandonnées au milieu du chaos. En 2015, l'administration américaine déclarait avoir tué 25 000 combattants de Daech sur ses 30 000 soldats répertoriés en 2015. Problème, en 2016, Daech compte encore 31 000 combattants... [2]. Ainsi, nos gouvernements prétendent qu'ils vont éteindre le feu au Moyen-Orient en larguant dessus des bidons d'essence, mais c'est tout le contraire: ils attisent la colère, sèment davantage la misère et cassent la cohésion sociale, pour le plus grand bonheur des recruteurs djihadistes. Les populations fuient par millions, dont une petite partie -un sur 15 millions- vers l'Europe en quête de sécurité, dans ce qui est devenu la plus grande crise de l'asile sur le continent européen depuis la Seconde guerre mondiale. Mais qu'on ne se mente pas. Ces milliers de réfugié.e.s arrivés en Europe depuis quelques mois n'ont pas décidé de quitter leur maison par plaisir. Ils sont le miroir à retardement des politiques des guerre menées par l'OTAN depuis des décennies chez eux. Comment vivre en Irak alors que la moitié de la population est dans une situation considérée par l'ONU comme de besoin humanitaire urgent? Les conclusions élémentaires que devraient prendre nos gouvernements pour arrêter cette crise et lutter pour la paix, seraient de commencer par arrêter d'y faire la guerre et d'aider  militairement l'Arabie Saoudite, l'un des principaux soutiens des djihadistes.

Les gouvernements en Belgique: pas d'argent pour les besoins sociaux, culturels et écologiques mais des milliards pour des avions de chasse.

Le gouvernement Michel-De Wever semble, au contraire, décidé à maintenir le cap actuel avec l'OTAN et sa politique de guerre offensive, aux dépends de solutions de paix et d'aide au développement dans le cadre de l'ONU. Le 22 décembre, le ministre de la défense Steven Vandeput (NVA) a soumis un plan de modernisation de l'armée belge, comprenant 9,2 milliards d'investissements pour 2030 : 9 milliards d'euros pour des engins militaires dont 34 F-35, des avions américains dont la particularité est de pouvoir  larguer des bombes nucléaires. 
Incompréhensible s'il s'agit de "maintien de la paix" et "de sécurité nationale". Quel intérêt y a-t-il  pour ce type d'arme pour protéger l'espace aérien belge? Depuis quand une politique de menace atomique a-t-elle contribué à apaiser des conflits ? Sans oublier que ces avions sont une violation flagrante du Traité de Non-Prolifération d'armes nucléaire de l'ONU. Pas étonnant pourtant, quand on sait que la "menace par le nucléaire" est une stratégie inscrite dans les textes de l'OTAN. Ces avions coûteraient à eux seuls plus de 6 milliards d'euros, 3 fois plus que le budget annuel nécessaire pour éradiquer la pauvreté en Belgique. Le coût total de ce programme militaire proposé par le ministre correspond à une facture de 1943 euros pour chaque travailleur en Belgique.

Comment vaincre la terreur? Couper les vivres de Daesch et investir dans la paix

Seule une politique de paix active permettra une reconstruction du Moyen-Orient, seule gage de sécurité pour l'ensemble des peuples victimes du terrorisme djihadiste. Ainsi, il est insensé que le ministre de la défense retire les troupes belges engagées dans des opérations de déminages au Liban (des mines du temps de la guerre civile), et coupe dans les budgets de la coopération au développement, pourtant déjà largement insuffisants. L'exemple de la pacification du Liban après 15 ans de guerre civile et 150 000 morts à travers une coopération régionale et une négociation entre parties pour tendre vers la paix, semble la meilleure solution envisageable à l'heure actuelle, par exemple sous l'égide des Nations Unies. Après plus de quatre ans de guerre en Syrie, toutes les parties combattantes ont du sang sur les mains. Et en grande quantité.

Néanmoins, la lutte contre le terrorisme doit permettre de venir à bout de Daesch en épargnant les populations civiles, en touchant au coeur de l'organisation terroriste, et ce qui la fait fonctionner: ses soutiens financiers, et ses ventes de pétrole, qui lui permettent de payer des salaires et d’acheter suffisamment d’armes et de soutiens. Or, de l’argent afflue toujours vers les groupes terroristes, depuis de fidèles alliés régionaux de l'OTAN comme le Qatar et l’Arabie saoudite. D'après l'ambassadrice de l'UE en Irak, du pétrole en provenance de gisements occupés par l’EI serait acheminé jusqu'en Europe pour être achetés par nos états. Or, si on coupe le robinet d’armes et d’argent, les combattants seront nettement plus enclin à s’asseoir autour d’une table.  Que cela n’ait pas encore eu lieu, malgré les demandes de l’ONU, défie toute imagination. C'est pourquoi Comac rejoint la plate-forme et signer la pétition "Pas d'avions de chasse" de la CNAPD (la Coordination National d'Action pour la Paix et la Démocratie), afin de pousser le gouvernement à ne pas acheter les avions de guerre F-35. Cette appel, signé par de nombreuses organisations citoyennes, a déjà recueilli plus de 13 000 signatures, qu'elle remettra au ministre Vandeput à la suite d'une grande manifestation nationale contre les avions de chasse en avril prochain.

Comac donne donc rendez-vous le dimanche 24 avril 2016 dès 14h Gare Centrale à Bruxelles pour dénoncer les choix du gouvernement dans la guerre et les avions à portée nucléaire.

 

[1]http://mobile.nytimes.com/2015/11/21/opinion/larabie-saoudite-un-daesh-q...

[2]http://www.investigaction.net/Les-USA-ont-largue-23-144-bombes.html

 

 

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