Même enfermés, les prisonniers palestiniens écrivent l’Histoire

Auteur:

Le 17 avril 2017, plus de 1500 prisonniers palestiniens entraient en grève de la faim sous le slogan « Liberté et Dignité ». Celle-ci, dernier moyen de protestation laissé aux prisonnier·e·s, vient alors que leurs droits les plus fondamentaux sont bafoués, comme en témoigne par ailleurs leurs revendications : des visites de membres de la famille, des soins médicaux appropriés et l’arrêt de conditions de détentions abusives telles que l’utilisation de cellules d’isolement et de détentions administratives ( une procédure d’incarcération, renouvelable indéfiniment de 6 mois en 6 mois, sans que le détenu ait droit à un procès ou même qu’un chef d’accusation soit exprimé à son égard). Ils font appel à la communauté internationale pour que soient menées des actions de solidarité avec eux et nombreux·ses sont celles et ceux qui ont répondu à leur appel.
 
En premier lieu bien sûr, vient l’initiative de Aarab Marwan Barghouti, fils d’un des leaders de cette grève de la faim, Marwan Barghouti. Celui-ci a lancé sur les réseaux sociaux le #saltwaterchallenge. Celui-ci consiste à se filmer et à partager une vidéo de soi en train de boire un verre d’eau salée sur Facebook ou autre, et à nominer 3 à 5 personnes à son tour. La vidéo est également une occasion pour les participant.e.s d’exprimer leur solidarité avec les prisonniers palestiniens qui n’absorbent rien d’autre que de l’eau et du sel depuis le début de leur grève de la faim.
 
De plus, de nombreuses grèves de la faim et jeûnes de solidarité s’organisent à travers l’Europe, et notamment sur les campus universitaires, comme à l’UCL ou plusieurs étudiant.e.s ont décidé jeudi dernier de jeûner en solidarité. Face au succès de leur initiative, iels ont décidé de recommencer ce jeudi 11 mai, mais cette fois iels seront rejoint·e·s par près d’une quarantaine d’étudiant·e·s. De plus, de nombreuses personnalités se sont jointes aux grèves de la faim, telles que Leila Khaled, qui ou encore Gregory III Lahham, patriarche catholique d’Orient, qui ont déclaré rejoindre les prisonniers le weekend dernier.
 
Cette grève de la faim et l’élan de solidarité qu’elle a suscitée ont provoqué des réactions violentes de la part des officiels israéliens, notamment de la part du ministre de la défense, Avigdor Lieberman, qui appelé vis-à-vis de ces prisonniers à une approche « à la Margaret Thatcher avec Bobby Sands », c’est-à-dire à ce qu’ils soient laissés mourir, alors que la ministre de la justice, elle, a déclaré que les autorités carcérales n’hésiteraient pas à recourir à leur encontre au gavage de force, c’est-à-dire à la torture, s’il le fallait.
 
Environ 6500 prisonniers politiques palestiniens sont en ce moment incarcérés en Israel, dont près de 60 femmes et 300 mineur.e.s. 600 d’entre eux, soit près de 10% de tous les prisonniers palestiniens sont sous détention administrative, et plus d’un millier sont malades et demandent un traitement médical.
 
N’hésitez pas à votre tour à montrer votre solidarité en participant au saltwater challenge sur les réseaux sociaux et à jeûner durant 24h afin que soit connue leur lutte, et de mettre pression à la fois sur l’Etat Israélien et sur nos autorités qui lui apporte un soutien sans lequel Israel ne pourrait pas se permettre de violer impunément les conventions internationales de droits humains.
 
Et pour plus d’informations et pour suivre l’actualité des prisonniers politiques palestiniens, n’hésitez pas à consulter le site web du réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun sur leur page Facebook ainsi que sur leur site web : http://samidoun.net/.

En collaboration avec: