Les jeunes en résistance contre la Loi Peeters: « Nous refusons d'être la génération burn-out ! »

Ce vendredi 20 mai, une vingtaine d'organisations de jeunes de tout le pays se sont rassemblées devant le cabinet du ministre du Travail Kris Peeters pour lancer une « Coalition des jeunes pour le retrait de la loi Peeters », bien décidée à organiser la résistance à sa réforme du travail.

Les sections des jeunes des syndicats, les syndicats étudiants et les jeunesses politiques de gauche (dont Comac, le mouvement des étudiants du PTB) constituent ensemble la « Coalition des jeunes pour le retrait de la loi Peeters » et ont lancé un appel à rejeter cette loi. La Coalition a également annoncé vouloir mener des actions en faveur d'une alternative plus vivable. Car, aujourd'hui déjà, de nombreux jeunes souffrent du stress et de l'incertitude du travail flexible et des emplois intérimaires. « Nous n'allons pas devenir la génération du burn-out ! », ont-ils affirmé.

L'action face au cabinet de Peeters a débuté par la lecture d'un certain nombre de témoignages saisissants de jeunes travailleurs, collectés par les Jeunes Ouvriers chrétiens (KAJ). Els Michiels, présidente des KAJ, explique que son organisation planche depuis très longtemps déjà sur cette problématique : « Il y a cinq ans, nous avons commencé à collecter des témoignages de jeunes dans les agences d'intérim. Nous en avons fait ''Le livre noir de l'intérim'' qui répertorie non seulement de multiples abus, mais dénonce également le système même qui place les jeunes dans des situations d'impuissance et d'incertitude. On ne peut pas faire de plans à l'avance, car on ne sait jamais quand on va devoir aller travailler. Le bénévole qui lit aujourd'hui les témoignages a encore reçu un coup de fil ce matin de son agence d'intérim. »

« Si la loi Peeters passe, les jeunes n'auront tout simplement plus le contrôle sur leur vie », a ajouté Els Michiels en secouant la tête. Jeroen, des KAJ également, appuie sa présidente. « Je travaille à l'aéroport, où beaucoup de jeunes ont des contrats de 20 heures par semaine qui, en été, peuvent être portés à 10 ou 11 heures par jour, six jours sur sept. Et c'est un boulot pénible, vous savez, surtout en plein soleil. On tient ces jeunes au boulot avec la carotte du contrat à durée indéterminée, mais c'est une pure illusion. Ce qui est injuste dans ce système, c'est que les jeunes ne peuvent même pas choisir eux-mêmes quand ils veulent travailler plus ou moins. Le patron seul décide qu'ils doivent travailler plus en été et, en hiver, ils doivent rester chez eux. »

L'appel de la coalition ne rejette pas seulement la loi Peeters, mais aussi la vision qui la sous-tend : « Des mesures pour créer de l’emploi de qualité existent. Les jeunes sont prêts à apporter des contre-propositions. À ce titre, nous défendons au contraire la réduction collective du temps de travail comme piste à explorer afin de travailler moins, de travailler tou.te.s et de pouvoir vivre mieux. »

Mais, naturellement, les bons arguments ne suffisent pas pour faire revenir le gouvernement sur ses pas. Comme partout ailleurs en Europe où l'on essaie de libéraliser le marché de l'emploi, les jeunes Belges vont eux aussi devoir descendre dans la rue pour tenter d'y mettre le holà : « Face aux attaques du gouvernement sur l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse, nous, élèves, étudiant.e.s, jeunes travailleur.se.s, jeunes chômeur.se.s, appelons tou.te.s les jeunes à se mobiliser pour le retrait du projet de Loi Peeters. »

Les organisations membres de la coalition :

  • ABVV-jongeren
  • Jeunes FGTB
  • ACV-jongeren
  • Jeunes CSC
  • FreeZbe – ACLVB jongeren
  • FreeZbe – CGSLB jeunes
  • FEF
  • Unécof
  • JOC
  • KAJ
  • Comac
  • Ecolo-J
  • Jong Groen
  • Conseil de la jeunesse catholique
  • Mouvement des jeunes socialistes
  • Jongsocialisten
  • ProjeuneS
  • Les Faucons rouges
  • Latitude jeunes

En collaboration avec: