Etudiant.e.s en psycho : l’étau du sous financement met à mal la formation

Groupes de TP surpeuplés, étudiant.e.s sans promoteurs.rices de mémoire, pénurie de places de stage. C’est le quotidien des étudiant.e.s de la faculté de psycho de l’ULB qui décident de réagir. Ce mardi aura lieu leur première assemblée générale où celles-ci et ceux-ci y dénoncent une baisse de la qualité de leurs enseignement. Les professeur.e.s et assistant.e.s ne sont pas suffisemment nombreux.euses pour pouvoir encadrer tout le monde correctement. Des étudiant.e.s seront obligé.e.s de faire une année supplémentaire juste pour leur mémoire si la situation ne trouve pas de solution.

Trouver des solutions devient urgent. Mais lesquelles ? Avec Comac, nous pensons qu'il est important de regarder le tableau d'ensemble : celui d'un enseignement supérieur sous-financé. Certes, les étudiant.e.s en psychologie sont actuellement en première ligne, avec des conséquences catastrophiques pour leur fin de cursus. Néanmoins, prendre dans le budget d'une autre faculté reviendrait à déplacer le problème, à mettre d'autres étudiant.e.s en difficulté. Depuis 1997, le budget alloué par étudiant.e à l'université a diminué de 20%[1]. En effet, notre enseignement a, ces dernières années, eu tendance à s'ouvrir à des personnes qui, auparavant, n'auraient pas eu accès aux études supérieures. Et c'est une bonne chose : cela veut dire que des élèves moins avantagé.e.s d'un point de vue social peuvent maintenant accéder à l'université et aux hautes écoles. Malheureusement, en raison du mécanisme de « l'enveloppe fermée »[2] les moyens financiers n'ont pas suivi, et nous avons maintenant un financement totalement inadapté à la croissance du nombre d'étudiant.e.s. C'est donc des moyens supplémentaires qui doivent être débloqués par le gouvernement pour régler la situation des étudiant.e.s en psychologie.

Obtenir des moyens supplémentaires, c'est tout à fait possible. Après plusieurs années de mobilisations, le mouvement étudiant a réussi à arracher 100 millions d’euros supplémentaires pour le budget de l’enseignement supérieur[3]. Ce refinancement reste insuffisant, mais un pas en avant et une victoire de la mobilisation étudiante. En 2015, ce sont les étudiant.e.s de la haute école Albert Jacquard à Namur qui se sont mobilisés pour exiger un refinancement de leur établissement pour de meilleures conditions d’études. Eux aussi étaient victimes du sous financement, mais suite à leur grève et manifestation, c’est 10 millions d’euros supplémentaire qui ont été gagné pour leur haute école[4].

Bon espoir donc pour les étudiant.e.s en faculté de psycho pour qui décident d’agir pour plus subir. Les expériences des autres établissements, montrent deux choses. D’une part, qu’en se mobilisant, il est possible de rompre avec le statut quo du définancement. D’autre part, que la perte de qualité de notre enseignent, du au sous-financement, n’est pas un problème local mais étendu sur toute la communauté française. Nous ne pouvons plus nous contenter de pansement ponctuels mais d’une véritable politique qui rompt avec l’austérité et finance l’enseignement à hauteur de ses besoins.

[1] http://plus.lesoir.be/44404/article/2016-06-07/refinancer-lenseignement-...

[2] Le financement de l’enseignement reste le même d’année en année, peu importe le nombre d’étudiant.e.s.

[3] http://www.comac-etudiants.be/articles/enseignement-sup-le-refinancement...

[4] https://www.rtbf.be/info/regions/detail_namur-l-ecole-albert-jacquard-va...

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