Démocratie à l'Université: Comac demande à l'ULg de rétablir la gratuité des salles pour les cercles

L'université est un lieu de formation, de recherche, mais aussi de débat et de discussions sur le monde dans lequel nous vivons. Des débats qui ont pour but de former les étudiants à l'esprit critique, à réfléchir aux impasses du monde actuel, pour l'améliorer. Un lieu où, depuis quelques mois, les débats sont difficiles depuis que l'ULg a rendu payant l'accès aux salles de conférence pour les cercles étudiants. Comac s'oppose à cette limitation du débat suivant qui a les moyens de l'organiser, et défend sa vision d'une université démocratique.

Une université publique où le débat démocratique se monnaye

"Publique et pluraliste, l’ULg s’engage dans sa troisième mission, l’ouverture à la société et le service à la collectivité (...) en jetant les ponts vers les acteurs culturels et en s’affirmant comme lieu de débats et d’échanges intellectuels"[1]. Sur son site, l'ULg semble attentive à la mission que lui assigne la société: contribuer à alimenter le débat démocratique sur le monde qui l'entoure.

Malheureusement dans les faits, ce débat n'est pas si soutenu que cela par l'établissement universitaire. "Tout a commencé l'année passée lorsque, pour une conférence sur le féminisme, l'ULg voulait nous facturer plusieurs centaines d'euros pour l'occupation de la salle de conférence dont nous avions besoin. Après discussions, celle-ci a exceptionnellement accepté de diminuer le prix de location à près de cent euros. Mais pour Comac, cela reste indécent de devoir débourser de l'argent pour organiser un débat sur le féminisme", juge Norine Lottin, responsable de la campagne pour Comac-ULg.


"Si nous voulons vraiment soutenir le débat démocratique, les cercles doivent avoir un accès gratuit aux salles de conférence, comme c'était le cas avant", estime Norine Lottin. "L'ULg utilise un argument technique selon lequel la gestion des bâtiments a été remodelée, passant sous le contrôle d'un autre service de facturation. Depuis, louer une salle est devenu payant pour les cercles étudiants reconnus[2]. Par exemple, en ce début d'année, la projection du film "Demain" aurait dû coûter à Comac-ULg 480 euros. C'est évidemment impensable de payer une telle somme. Les autorités, de manière tout à fait arbitraire, décident alors de rendre la salle gratuite à la location, mais facturent les frais de personnel technique de gardiennage et de nettoyage. L'argument technique d'une nouvelle politique de gestion des bâtiments est un prétexte pour cacher la volonté politique de faire passer les cercles à la caisse en externalisant les coûts d'entretien et de personnel privés engagés par l'ULg. Quitte à changer les arguments en cours de route[3]" constate la vice-présidente de Comac-ULg. "Nous organisons chaque année des dizaines d'activités gratuites pour les étudiant.e.s, sur la culture, l'écologie, l'économie, l'enseignement, les débats de sociétés quotidiens, etc. Nous ne saurons jamais payer pour chaque conférence. C'est tout simplement l'arrêt de la plupart de nos activités", déplore-t-elle. "Est-ce cela que l'ULg désire ? Réduire l'offre culturel et l'offre de débats ?".

De nombreux cercles s'opposent à cette mesure

"Mais nous ne comptons pas nous laisser faire. Le débat démocratique mérite mieux que ça", déclare Norine Lottin. "Nous avons entamé une campagne pour plus de démocratie à l'ULg. Nous avons lancé une lettre ouverte à destination du Recteur, que nous faisons signer par les cercles étudiants, eux aussi victimes de cette nouvelle politique budgétaire. Plusieurs cercles dont le cercle de biologie, d'histoire, le cercle des étudiants musulmans, des cercles politiques mais aussi des représentants du personnel et le Conseil étudiant de l'ULg, La Fédé, ont signé la lettre ouverte. Ceci démontre un soutien important et qui grandit parmi les étudiants" analyse Norine. "Nous comptons rencontrer le Recteur aussi vite que possible pour lui faire part de notre demande de rendre les salles de conférence à nouveau gratuite pour les cercles étudiants".

La démocratie ne s'achète pas: Comac défend le débat accessible à tous

Pour Comac, l'université est un lieu de formation de futurs travailleurs qualifiés, ainsi qu'un lieu de recherche et d'innovation pour améliorer sans cesse le monde dans lequel nous vivons. Mais la technique seule ne le permet pas toujours. Parfois, c'est tout un système de pensée, et des choix politiques qui mènent nos sociétés dans l'impasse. Et pour y faire face, pour résoudre les contradictions vitales d'un monde en crise, c'est plus que jamais d'un débat démocratique dont nous avons besoin. Particulièrement parmi la jeunesse, elle qui va vivre dans le monde de demain, et qui a besoin qu'on la forme au débat, à l'esprit critique, à la recherche d'alternatives pour améliorer et changer le monde. Avec Comac, nous pensons donc que le débat démocratique à l'université doit rester ouvert, accessible à tou.t.es, et donc gratuit. La jeunesse mérite un débat et une vie culturelle qui ne se marchandise pas.

Si vous êtes membre ou responsable d'un cercle étudiant, n'hésitez pas à prendre contacte avec Norine Lottin pour signer la lettre ouverte et rejoindre la campagne.

Norine Lottin: 0486 41 40 54

 

[1] https://www.ulg.ac.be/cms/a_16259/fr/missions

[2] La reconnaissance se fait par la Fédération des étudiants de l'ULg, qui, depuis des années, est l'organe qui reconnait ou non une association étudiante comme cercle. L'intérêt de cette reconnaissance était justement jusqu'ici d'avoir accès gratuitement aux salles de l'ULg, contrairement aux organisations extérieurs (partis politiques, ONG, ASBL, associations de fait, etc.).

[3] Respectivement les entreprises privées ISS et G4S pour le nettoyage et le gardiennage.

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