Criminaliser l'avortement : la liberté d'oppression de Stéphane Mercier

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Les récents propos anti-avortement de Stéphane Mercier ont fait polémique au sein de l'UCL et plus largement dans l'opinion publique. De nombreux∙ses étudiant∙e∙s ont réagi pour dénoncer ses propos tandis que l'université a suspendu ses cours et entamé une procédure disciplinaire à son encontre. Le professeur, soutenu par Rik Torfs (recteur de la KULeuven), tente de justifier la liberté d'oppression en évoquant la liberté d'expression.

Des propos anti-avortement, homophobes et transphobes

Ce qui a créé la polémique est un document de 15 pages remis par le professeur à ses étudiant∙e∙s, intitulé La philosophie pour la Vie. On y lit notamment que « l’avortement est le meurtre d’une personne innocente. Et c’est même un meurtre particulièrement abject, parce que l’innocent en question est sans défense. » Un acte que le professeur juge d'ailleurs « plus grave que le viol ». Une carte blanche de 11 de ses étudiant∙e∙s soutenu∙e∙s par l'AGL révèle également les discours homophobes et transphobes véhiculés lors de ses cours.

Le professeur traite du mariage pour tous, « refusant de parler de “couples homosexuels” acceptant uniquement les mots “paires homosexuelles”, et partant sur la comparaison hasardeuse entre l’homosexualité et l’inceste ». Des propos qui vont à l'encontre des droits de l'homme et des libertés individuelles. Mercier critique, discrimine et criminalise en introduisant une hiérarchie : il y a les femmes qui respectent la vie et les femmes criminelles, les couples hétérosexuels et les « paires homosexuelles ».

Liberté d'expression ou d'oppression ?

« Je crois que les étudiant∙e∙s universitaires sont parfaitement capables de penser de manière critique et de comprendre la valeur qu'a la liberté d'expression » affirme le professeur. Rik Torfs est également intervenu pour le défendre en affirmant qu’une des tâches de l’université est  « de nourrir la discussion, d’entrer en contact avec des opinions différentes et de former les étudiant∙e∙s afin qu’ils soient en mesure eux-mêmes de se lancer dans de tels débats, de cultiver leur esprit critique. » Selon lui, il ne faut pas en voir les limites de manière « trop stricte » et « ce climat de liberté doit être maintenu à tout prix ».

Mener la lutte contre les discours réactionnaires

Sous couvert de liberté d'expression, Stéphane Mercier cherche en réalité à imposer ses idées d'oppression de la femme, des homosexuels, des transgenres et de la gauche. Comac soutient l'alerte de cette situation inacceptable à l'UCL, ainsi que la prise de position des étudiant∙e∙s soutenue par l'AGL. Des propos contraires aux droits humains n'ont pas leur place ni à l'université, ni dans la société. À une époque où les forces réactionnaires se montrent de plus en plus agressives, il est plus que jamais nécessaire de réagir et de défendre la solidarité, les droits humains et l'émancipation de chacun.e.

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