Comac remet un zéro a son bulletin à Jean-Claude Juncker

Lors de la venue du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Saint-Vith, Comac – le mouvement étudiant du PTB – a organisé un comité d'accueil afin de lui remettre son bulletin sur l'Europe. Un bulletin en échec qui dénonce la voie prise par l'Europe du free-trade absolu, illustrée notamment par les pressions de la Commission pour imposer le CETA.

Comac était présent dès 18h30 pour accueillir le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, venu discuter de l'avenir de l'Europe avec des citoyens et le ministre-président de la communauté germanophone. Pour l'occasion, un bulletin de la jeunesse sur l'Europe a été dressé, afin de le remettre au président de la Commission.

"La démocratie en Europe fonctionne ainsi: vous pouvez donner votre avis tant que vous êtes d'accord avec la Commission et la Banque Centrale, mais une fois que vous vous y opposez, il n'y a plus de démocratie", déclare Robin Bruyère, président de Comac-ULg. "Dès qu'un état ou une région voit ses représentants douter des bienfaits d'un traité de dérégulation comme le CETA, la Commission n'hésite pas à lancer des ultimatums et des menaces pour faire plier l'entité en question" dénonce Robin Bruyère. "Ne pas avoir organisé de débat démocratique sérieux dans la plupart des pays européens, malgré une forte opposition de la société civile au traité, n'est pas la meilleure manière d'écouter les gens", poursuit Robin Bruyère, avant de conclure: "les tribunaux d'arbitrage n'ont pas été supprimés. Ceux-ci permettraient aux multinationales d'attaquer les états en justice et les empêcher d'adopter des normes de protection sociales ou environnementales, contraire à leur logique de profits". "C'est pourquoi les jeunes lui décernent un 0/10 en démocratie", constate-t-il.

"Le CETA, s'il possède maintenant une déclaration interprétative, n'a pas fondamentalement changé en tant que traité de libre-échange " déclare Robin Bruyère. "Ce traité de libre-échange est une menace pour la production locale et respectueuse de l'environnement, face à la grande industrie agro-alimentaire et la production à grande échelle. L'environnement et l'avenir de la planète méritent mieux que cela", insiste Robin Bruyère. "Ce traité donne des outils aux multinationales pour empêcher les états de prendre des mesures pour respecter les accords climatiques de Paris", poursuit-il. "Pour les jeunes cela équivaut à un 0/10 en environnement".

En terme de droits sociaux, la voie n'est pas meilleure. "la concurrence accrue promue par le CETA va engendrer plus de dumping social, déjà très fort dans nos régions. Cette dérégulation permet aux entreprises de mettre encore davantage de pression sur les états pour baisser les normes sociales, et le droit au travail" déclare Robin Bruyère. "On a vu les effets du NAFTA qui a coûté des millions d'emplois dans la région USA-Canada-Mexique et a créé d'un autre côté des mini-jobs aux conditions de travail précaires", insiste-t-il. "C'est donc ici aussi 0/10 en droits sociaux".

"Nous refusons l'Europe du libre-échange et de la dérégulation des marchés qui attaque les droits des travailleurs et l'avenir de la planète" déclare Robin Bruyère, président de Comac-ULg. "Cette Europe fonctionne sur base des intérêts des multinationales et leurs profits.  L'Europe que vous construisez M. Juncker n'est pas la nôtre", annonce-t-il. "Stop au free-trade, vive le fair-trade! Nous demandons des accords commerciaux basés sur une large consultation démocratique, qui protègent les droits sociaux et les normes environnementales, et non des traités", conclut-il.

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