Comac remet 2.562 cartes postales à Marghem et exige des mesures urgentes pour le climat

Après avoir mobilisé près de 150 étudiants pour aller manifester à Bonn où se déroule actuellement le sommet climatique, une délégation de Comac, le mouvement étudiant du PTB, s'est rendue aujourd'hui au cabinet de la Ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem (MR). Une carte postale signée par plus de 2.500 étudiants et adressée aux différents ministres responsables en matière climatique lui sera remise. Les signataires exigent la mise en application de plusieurs mesures nécessaires pour que la Belgique puisse atteindre ses objectifs climatiques. "La Belgique critique à juste titre la politique climatique de Donald Trump mais elle-même n'ose pas s'opposer aux lobbys des grandes entreprises en prenant les mesures nécessaires" affirme Charlie Le Paige, président de Comac.

"Entre 1990 et 2017, les émissions n'ont diminué en moyenne que de 1% par an alors qu'elles doivent diminuer de 8% par an si nous voulons atteindre la neutralité en 2050 comme convenu lors du sommet international climatique de Paris en 2015. Entre 2014 et 2016, les émissions ont même recommencé à augmenter au lieu de diminuer" explique Charlie Le Paige. "Au sein de l'Union Européenne, la Belgique est assise sur le frein depuis des années en matière d'ambitions climatiques. Le gouvernement suit sagement les recommandations de la FEB qui fait pression pour modérer les ambitions climatiques et ne pas mettre ses bénéfices en danger" continue le président de Comac. "Le gouvernement critique à juste titre le climato-scepticisme de Donald Trump et sa décision de sortir de l'accord climatique de Paris mais lui-même n'ose pas s'opposer aux lobbys des grandes entreprises en prenant les mesures nécessaires." C'est pourquoi le hashtag #DontTrumpOurPlanet est inscrit sur chacune des 2.562 cartes postales adressées aux différents ministres en charge du climat en Belgique.

Pour Comac, un tout autre système économique est nécessaire si nous voulons sauver le climat. "Les causes de l'actuelle crise climatique sont connues. Selon une étude récente, 100 multinationales ont produit 71% des émissions responsables de l'effet de serre entre 1988 et 2016. Mais ce sont précisément les intérêts des multinationales comme Engie-Electrabel que l'actuel gouvernement entend protéger, au lieu de penser aux conséquences du dérèglement climatique sur les citoyens" explique Charlie Le Paige.

"Alors que la COP23 est déjà en cours à Bonn, notre pays n'a toujours pas de plan énergétique et climatique national. Et alors même que la Belgique se fait taper sur les doigts par la Commission Européenne pour le peu d'efforts entrepris, la ministre Marghem ose se féliciter du travail qu'elle a accompli dans Le Soir. Il est temps d'un wake-up call" affirme Charlie Le Paige.

C'est pourquoi, à l'initiative de Comac, plus de 2.500 étudiants de toute la Belgique ont signé une carte postale adressée aux différents ministres compétents. Cette carte postale exige la mise en place d'une planification écologique et sociale, prévoyant la reprise en main par la collectivité du secteur énergétique. Les signataires exigent de rehausser les objectifs de transition vers l'énergie durable, soit de 45% en 2030 et de 100% en 2050, ainsi que la diminution des émissions de 55% d'ici 2030 afin d'atteindre la neutralité en 2050. Pour atteindre ces objectifs, 6 mesures concrètes sont mises en avant: 

  • un investissement massif dans les transports publics:

  • un désinvestissement des énergies fossiles via des mesures contraignantes;

  • des mesures publiques pour isoler les bâtiments et améliorer l'efficacité énergétique;

  • la promotion de l'agro-écologie et des circuits courts;

  • l'exclusion des multinationales et de leurs lobbys des négociations climatiques;

  • la réfédéralisation des compétences climat en Belgique. 

"Le cabinet de la ministre a refusé jusqu'à une simple rencontre, mais nous nous y rendrons tout de même aujourd'hui car le message de ces 2.562 étudiants et étudiants doit être entendu. Evidemment nous ne nous faisons aucune illusion, c'est par la mobilisation et le rapport de force que nous serons entendus, et c'est pour cela que nous continuerons à nous mobiliser pour une réelle transiton écologique et sociale" conclut Charlie Le Paige 

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