90 km de chaîne humaine pour la fermeture des centrales nucléaires

L’énergie nucléaire n’est pas une alternative à l’énergie fossile, bien au contraire. Et il faut en sortir au plus vite vu sa dangerosité. Les vieilles centrales nucléaires doivent immédiatement être fermées, comme Tihange 2 qui comporte 3 000 fissures ou Doel 3, qui en a plus de 13 000. C’est pourquoi le 25 juin prochain, 10 000 personnes formeront une chaîne humaine allant des Pays-Bas à Tihange en passant par l’Allemagne. Comac participe à cette mobilisation.

En novembre dernier, Jan Bens, le directeur de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), dénonçait l’attitude laxiste et d’une « grande désinvolture » d’Electrabel, l’exploitant de Doel, par rapport au danger de catastrophe nucléaire. Et il faut souligner que Jan Bens est un fervent défenseur de l’énergie nucléaire. Il est depuis 2012 à la tête de l’AFCN mais était auparavant directeur de la centrale nucléaire de Doel. Dans deux courriers adressés aux dirigeants d’Electrabel, il s’inquiétait du danger d’un accident nucléaire suite à la possibilité d’une fusion de cœur dans les trois réacteurs de Tihange et dans les réacteurs 3 en 4 de Doel, danger qu’il qualifiait d’« alarmant ». Les conséquences d’un tel accident sont en effet comparables à ce qui s’est produit à Fukushima et à Tchernobyl. 

100% durable, c’est possible 

Un groupe de 48 pays du Sud, dont les Philippines, le Congo et la Colombie, veulent atteindre le plus vite possible 100% d’énergie renouvelable. La Norvège veut être neutre en carbone d’ici 2030. Le Schleswig-Holstein – le Land situé le plus au nord des 16 Länder de l’Allemagne – produit depuis 2014 autant d’énergie renouvelable que ce qu’il consomme en énergie. Des villes comme Miami Beach, San Diego ou Salt Lake City ont rejoint le club des villes qui visent le 100% de renouvelable.

En 2013, le Bureau fédéral du Plan, l’Institut wallon de conseil et d’études en développement durable (ICEDD) et l’Institut flamand pour la recherche technologique (VITO) ont publié un rapport qui montre qu’une transition vers 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050 est également possible en Belgique.

Les trois partenaires scientifiques ont calculé qu’il faut à cet effet investir 300 à 400 milliards d’euros dans l’énergie renouvelable et son stockage. Cela, on ne peut pas l’attendre de l’actuel petit groupe des capitalistes de l’énergie qui visent uniquement le profit à court terme. En revanche, cela peut être réalisé par des initiatives collectives, publiques et planifiées, gérées de manière démocratique. D’ailleurs, le « miracle renouvelable » qui se produit déjà aujourd’hui est le fait d’initiatives publiques et communales, au Danemark, et de projets coopératifs, en Allemagne.

Nous voulons des villes et des entreprises climatiquement neutres et fonctionnant avec 100% d’énergie renouvelable, collective et payable pour chacun. Pour atteindre cela, nous devons aller à l’encontre de la politique des multinationales de l’énergie comme Engie-Suez-Electrabel, mais aussi des politiciens qui les soutiennent, comme la N-VA qui plaide pour une sortie du nucléaire en... 2065. Ils ont apparemment tiré peu de leçons du cauchemar de Fukushima et de ses terribles conséquences. En cas d’accident similaire dans des régions densément peuplées comme Tihange ou Doel, ce serait un nombre encore bien plus important de gens qui devraient être évacués, et non pas temporairement mais pour des dizaines d’années. Des régions entières seraient abandonnées, laissant les infrastructures en ruine. Et on ne parle même pas des morts et des blessés...

L’énergie renouvelable devient meilleur marché, l’énergie nucléaire devient plus chère

Les lobbys des entreprises de pétrole et du nucléaire répandent le mythe que l’énergie renouvelable serait bien plus chère. Ce que contredisent les faits et l’évolution attendue. Ainsi, déjà dans 30 pays, le prix de l’énergie renouvelable est plus bas, et cette tendance va encore se renforcer.

L’énergie nucléaire sera déjà impayable dans un très proche avenir, ce que le lobby du nucléaire ne s’empresse guère de dire. Non seulement cela augmentera à cause des coûts cachés du démantèlement, du traitement des déchets ou des possibles accidents, mais le prix de l’électricité va lui aussi exploser. Certains producteurs ont conclu des accords stipulant que le prix de l’énergie nucléaire peut être multiplié par quatre en cas d’investissements dans de nouvelles centrales nucléaires. Le gouvernement britannique a signé un accord de ce type dans lequel il garantit un prix de 92,5 livres (base de 2013), c’est-à-dire 110 euros par Mwh pour l’énergie d’une centrale nucléaire encore à construire. Soit 250 % du prix de base actuel de l’électricité.

Énergie renouvelable, emplois durables

Moins une économie utilise de combustible fossile, plus elle a besoin d’électricité. Par exemple, remplacer les transports publics polluants – aux moteurs diesel – par des transports durables ne sera quasiment pas possible sans électrification. Il n’est donc pas question de destruction de l’emploi, mais bien d’un passage des emplois des secteurs du fossile et du nucléaire vers le secteur de l’énergie renouvelable. Les éoliennes, les centrales hydrauliques, les panneaux solaires,… tout cela doit être fabriqué, installé et entretenu. Selon plusieurs études, dont celle de l’Institut syndical européen (ETUI), ce basculement vers le renouvelable demanderait justement la création d’emplois supplémentaires.

La « Réaction en chaîne » a besoin de vous

L’alliance « Réaction en chaîne » est une initiative de sept organisations anti-nucléaire néerlandaises, belges et allemandes. Elle s’oppose à la politique d’Electrabel (Suez-Engie) et du gouvernement belge qui continuent à exploiter les réacteurs fissurés de Tihange 2 et Doel 3. L’alliance exige la fermeture immédiate de ces deux réacteurs. Elle propose une alternative positive d’investissements massifs dans l’énergie renouvelable. Cette transition doit aussi être juste tant pour les consommateurs que pour les travailleurs. 

Comac et le PTB appellent à la mobilisation pour la chaîne humaine

Comac est co-responsable du km2 de la chaîne à Tihange. Toutes les infos pratiques pour ceux qui veulent participer auprès du camarade Robin : robin.bruyere@comac-etudiants.be 0471/58.34.91

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