400 personnes marchent pour la solidarité et les droits humains, contre la politique de Francken

Près de 400 personnes, en majorité des étudiants, se sont mobilisées le jeudi 23 mars dernier, à l'occasion de la venue du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken à l'université de Gand, où il était invité pour donner une conférence. Marta Maes et Onno Vandewalle, organisateurs de la marche pour la solidarité et les droits humains, souhaitaient de cette manière faire entendre « la voix du #9000solidair », faisant ainsi référence au caractère progressiste et rebelle de la ville de Gand.

Cette marche, soutenue par de nombreuses associations tel que Hart Boven Hard ou Victoria Deluxe ainsi que plusieurs représentants étudiants, faisait suite en particulier aux propos de Francken sur Twitter où il accusait Médecins Sans Frontières de « passeurs faisant du trafic d'être humains ». « Est-ce que Theo Francken préfère que 1000 personnes se noient plutôt que d'être sauvées par Médecins Sans Frontières ? 248 enfants se trouvaient parmi ces 1000 personnes ! » demandera Marta Maes dans son speech concluant la marche. La marche s'opposait également à la loi récemment votée au Parlement qui permet d'expulser des personnes étrangères vers leur pays d'origine sans procès, même si elles sont nées ici et ne possèdent pas d'attache dans leur pays d'origine, ainsi qu'à la proposition de loi de la parlementaire N-VA Sarah Smeyers d'obliger les personnes nés en Belgique mais dont un parent n'est pas belge de devoir passer un examen d'intégration lors de leurs 18 ans afin de pouvoir obtenir la nationalité. « Ce genre de mesures nous mène droit vers une société de citoyens de premier et de second rang, où certaines personnes ont moins de droits que d'autres. Nous défendons une société où chaque personne a les mêmes droits » affirme Marta.

Le jour auparavant, Onno et Marta ont également demandé aux étudiants de science politique et sociale de chanter avec eux « Solidariteit kent geen grenzen, vluchtelingen zijn ook mensen »1. Avec succès, puisque la grande majorité des étudiants se sont levés pour chanter avec. Une vidéo a été réalisée et tweetée à Francken, sans réponse de ce dernier. Cela n'était cependant pas du goût du NSV !2, du KVHV3 et du Jong N-VA4 qui ont parlé de « propagande communiste ». Un membre du NSV a même écrit une opinion dans le Schamper, journal étudiant de l'université de Gand, où il accuse Comac de polariser les étudiants. « Affirmer que les réfugiés sont également des êtres humains n'est en fait rien de moins que l'évidence, qu'il est même difficile de considérer comme une prise de position politique. Mais ce slogan est visiblement déjà de trop pour le NSV ! Ils trouvent même cela polarisant ! » explique Olivier Goessens, président de Comac-Gand. Le jour de la marche, une dizaine de provocateurs du NSV ! et du KVHV étaient d'ailleurs présent lors de la marche avec un drapeau flamand et une pancarte prônant la fermeture des frontières.

Le bloc de Comac comptait près de 200 personnes derrière le calicot « We won't be divided. Equal Rights For All ! ». « Le racisme sert à diviser les gens et dans ce cas-ci à détourner l'attention des récents scandales dans lesquelles la N-VA est impliquée, des problèmes budgétaires du gouvernement et des inégalités grandissantes. Mais cela va évidemment plus loin qu'une honteuse stratégie de communication. Le racisme et la haine produisent également des victimes. C'est un poison qui jette les gens les uns contre les autres à un moment où l'unité est plus que jamais nécessaire pour un avenir meilleur et un monde plus juste » explique Olivier à propos du sens du message sur le calicot.

Theo Francken a finalement du revenir sur ses mots à propos de Médecins Sans Frontières. Les nombreuses protestions qu'ils avaient suscités ont obligé le secrétaire d'Etat à faire un pas en arrière. Francken n'a cependant pas changé d'avis sur le fond. Il a « nuancé » ses propos mais sa vision et sa politique n'ont pas changé. Il continue de défendre que les opérations de sauvetage constituent un appel d'air pour les réfugiés. Il s'agit pourtant d'un mensonge. Une étude d'Oxford a en effet démontré que les opérations de sauvetage ne provoque absolument aucun appel d'air. Mettre fin aux opérations de sauvetage ne provoquera que plus de noyades. Theo Francken n'est d'ailleurs pas le seul à défendre cette idée. Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a également pris les opérations de sauvetage pour cible depuis plusieurs semaines. La lutte contre cette politique migratoire inhumaine est encore longue. Cette marche n'était qu'un début, mais un bon début pour défendre la solidarité et les droits humains.

Regardez l'album photo de la marche ici.

Regardez le reportage de la télévision AVS ici.

1La solidarité ne connait pas de fronières, les réfugiés sont également des êtres humains.

2NSV ! signifie 'Nationalistische Studentenvereniging' et est un cercle étudiant d'extrême-droite. L'actuel président du Vlaams Blok Tom Van Grieken était président du NSV lorsqu'il était étudiant.

3KVHV signifie Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond. C'est un cercle étudiant élitiste, catholique et réactionnaire, d'où proviennent Bart De Wever et Fernand Huts.

4Le Jong-N-VA est le mouvement de jeunes de la N-VA.

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